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A notre arrivee en Bolivie, nous nous dirigeons directement vers Tupiza. Mathieu et Xavier nous ont dit qu’a partir de la, nous pouvions faire un grand tour de quatre jours en 4x4 dans le Sud Lipez, le desert du sud de la Bolivia, pres de l’Atacama.

Nous demarrons des le lendemain de notre arrivee. Nous partageons un Land Cruiser avec Marama, une geologue neo-zelandaise et Dominik, un banquier suisse allemand. Nous avons un chauffeur, Jose, et meme une cuisiniere attitree, Luz. Nous avons 1300 kilometres a parcourir en quatre jours. Nous passons beaucoup de temps dans la voiture.

Le paysage est tres aride. Les seules plantes que nous apercevons sont les cactus, qui sont en fleur a cette saison. Nous traversons de petits villages quasiment deserts. Ici, les femmes sont encore toutes vetues des habits traditionnels boliviens, avec leur fameux “bombero”, une sorte de petit chapeau melon. On les appelle les “chulitas”. Nous croisons aussi nos premiers lamas, qui sont bien equipes pour resister au climat qui reigne a cette altitude. Il y a aussi quelques vigognes, leur equivalent sauvage, plus fines et beaucoup plus craintives.

Il commence a faire froid. Nous enfilons les polaires et les gants. Le premier soir, nous logeons a 4200 metres. Nous passons la soiree a jouer a la bataille corse avec nos compagnons de voiture et un groupe de trois francais et une allemande, etudiants a Buenos Aires, qui sont dans un autre 4x4. La petite maison ou nous dormons, tous dans la meme chambre, est entouree de neige. Il y a trois epaises couvertures sur les lits, mais le sac de couchage ne sera pas superflu. Le mal de l’altitude commence egalement a se faire sentir. Nous sommes montes en deux jours de la pampa argentine aux hauteurs de l’altiplano et ca ne pardonne pas. Nous ne fermons pas l’oeil de la nuit, moi a cause du mal de tete et Francois a cause de la nausee : chacun son style.

Le lendemain Francois tente de convaincre Jose de ne pas prendre la route prevue, qui monte jusqu’a 5000 metres. “On verra” repond-il, en gros “Cours toujours”. En effet, au Nepal, on n'arretait pas de nous repeter qu'il ne fallait pas monter de plus de 400 metres par jour. Ici nous les depassons largement et nous ne sommes pas rasurres. Dans ces cas la, il n’y a qu’un seul remede : la coca. Luz nous conseille de marcher des feuilles et de les garder entre notre gencive et notre joue, puis d’ajouter du bicarbonate de soude pour faire reagir la substance legerement anesthesiante de la coca. Ca calme un peu notre mal de l’altitude, mais nous sommes encore loin d’etre au top de notre forme. D’autant plus que Luz s’obstine a garder sa fenetre ouverte malgres nos multiples demande pour la fermer et le fait que nous roulons maintenant dans plusieurs centimetres de neige. Au bout de quelques heures de route, nous crevons en pleine tempete de neige. Heureusement, la 4x4 est equipe de deux roues de secours et Jose est un pro du changement de roue. Quand nous redescendons enfin, le mal de tete et la nausee commencent enfin a s’estomper.

Les paysages sont magnifiques, une alternance de sombres volcans et de grandes etendues de pierre. C’est la saison des pluies en Bolivie en ce moment et le temps couvert rend l’athmosphere encore plus lunaire. Nous arrivons a la Laguna Verde, un petit lac au pied d’un volcan qui doit sa couleur a… Marama nous a explique mais je ne m’en souvient plus. Dommage qu’on ne l’ai pas rencontre plus tot, elle travaille dans une mine en Australie et aurait pu nous y trouver un travail. Notre prochaine etape est une source d’eau chaude naturelle. Nous quittons les sacs de couchage dans lesquels nous etions emmitoufles dans la voiture. C’est vraiment agreable un bon bain chaud quand il fait si froid dehors.

Nous passons ensuite par des geysers qui bouillonnent a 5000 metres d’altitude. Il fait vraiment tres froid et nous ne nous y attardons pas. Apres une autre crevaison, la cinquieme depuis le debut de notre tour du monde, nous passons par le Desert de Dalhi, qui doit son nom aux rochers aux formes bizarroides qui le parsement, avant d’arriver au clou de notre journee, la Laguna Colorada, un lac ou des courants rouges et blancs s’entrecroisent, magnifique. Il y a meme des centaines de flamants roses. Nous n’aurions jamais cru en voir dans ce froid et a cette altitude. Le soir, nous logeons pres du lac.

Le lendemain, nous nous dirigeons vers le celebre Salar de Uyuni, un desert de sel parfaitement plat de plus de 150 kilometres de diametre. Il pleut beaucoup, nous ne pouvons donc pas acceder au nord du salar, comme prevu. Mais en contrepartie, nous allons pouvoir beneficier d’un effet de miroir parfait grace a la reflexion de la lumiere sur la fine pelicule d’eau qui couvre certaines partie du desert. Il nous faut une journee de voiture pour y arriver. Nous logeons dans un hotel entierement construit avec des briques de sel decoupees dans le salar.

Dans le desert, nous nous amusons comme des petits fous avec les dinosaures en plastique que nous avons achete la veille au marche. La surface parfaitement blanche du desert permet de faire des photos avec de droles d’effets de perspective. Comme prevu, certaines parties du salar sont couvertes d’eau. L’effet est saisissant. Nous parvenons a peine a distinguer la limite entre l’eau et le ciel.

Notre tour touche a sa fin. La derniere etape est un cimetiere de trains pres d’Uyuni. D’anciens trains a vapeurs ont ete abandonnes la et sont couverts de rouille. C’est le decor parfait pour jouer au western.

Nous sommes le trente decembre. Demain, c’est le nouvel an. Dominik doit poursuivre sa route, mais Marama reste feter la nouvelle annee avec nous. Nous commencons le reveillon avec les francais et l’allemande dans un petit restaurant mexicain. Ils doivent prendre le train a minuit. Du coup, nous finissons a trois avec Marama a l’hotel avec une bouteille de vodka bolivienne a trois euros. Pas vraiment le genre de reveillon auquel je suis habitue, mais nous nous amusons bien. Apres une journee de recuperation, nous prenons le bus pour Potosi.