Dimanche, 11 Janvier 2009 00:00
Pres de La Paz, il y une route que beaucoup de gens descendent en V.T.T. Elle commence a un col pres de la ville, a 4 300 metres d’altitude et finit a 700 metres d’altitude, pres de Coroico. C’est quasiment uniquement de la descente pendant 64 kilometres. Jusqu’a il y a quelques annees, cette petite route en terre a flanc de montagne bordee de profonds precipices etait la seule pour faire le trajet de La Paz a Coroico. Cette route de la mort, qui doit sont nom aux 96 personnes qui y trouvaient la mort chaque annee en moyenne, n’est plus aujourd’hui utilisee que par les cyclistes. En effet, une autre route plus sure a ete construite en aval pour les vehicules motorises.
A notre hotel, on nous propose le tour accompagne a plus de cent dollars. Ca nous aurait bien tente mais, a ce prix la, ce n’est pas dans notre budget. Coup de chance, je rencontre Charlie, un Argentin qui loge dans le meme hotel que nous et qui vient de descendre la route la veille. Il voyage avec son velo et m’assure que la route n’est pas aussi dangereuse qu’on le dit. Il me propose de me preter son velo le lendemain pour faire la descente. J’hesite un peu. Les agences utilisent bien le marketing de la peur pour faire venir les clients. Mais finalement, je decide que ca ne doit pas etre si dangereux que ca en y allant doucement. Charlie m’a bien explique comment y aller seul. Je prends un taxi break jusqu’a Villa Fatima, en haut de La Paz et, de la, le minibus pour Coroico qui me depose La Cumbre, le col d’ou demare la route.
Il fait vraiment froid. Il y a de la neige au bord de la route. Pour etre sur, je demande ma route a un 4x4 arrete au bord de la route. Le conducteur est en train d’asperger ses pneus avec le contenu d’une petite bouteille d’alcool. C’est une tradition, pour porter chance avant le debut de la descente. Pendant plusieurs kilometres je roule uniquement sur du goudron. Je suis entoure par les sommets enneiges de Andes. C’est magnifique, mais il fait vraiment froid. Je me fait doubler par un groupe de cyclistes qui descendent a toute vitesse. Comme quoi, ce n’est peut etre pas moins dangereux avec un guide. Arrive a un petit village, le groupe monte dans un bus qui l’emmene directement au debut de la route en terre. Moi, je dois faire quelques kilometres de plat en velo, sous la pluie qui tombe maintenant a grosses goutes, pour y arriver.
Arrive sur la route en terre, le paysage est deja passe de la haute montagne a une vegetation luxuriante. Avec le brouillard et la pluie les ravins sur le cote de la route sont encore plus impressionnants. Je garde les mains sur les freins et continue la descente. A mi chemin, je rattrape des cycliste qui sont arretes au milieu de la route. Il y a eu un glissement de terrain et il faut porter les velos au dessus de l’eboulis. Les camionnettes qui accompgnent le groupe ne peuvent plus passer. Plus loin, le soleil remplace la pluie. Il commence a faire vraiment chaud. La route s’elargit. Il n’y a plus de ravins sur le cote. Le compteur de mon velo indique 55 km/h. Allez, je pousse jusqu’a 60 km/h et apres, je ralentis. Et la, j’appuie un peu trop fort sur le frein avant. Je fais un beau vol plane au dessus du guidon et atterris droit dans les graviers. Je me releve peniblement. Je crois que je n’ai rien de casse, heureusement, mais mon genou et mon coude sont en sang.
Encore une heure de velo pour arriver a l’endroit ou je peux prendre un minibus pour remonter a La Paz. En plus maintenant, il faut pedaler, pas facile avec mon genou. A l’arrivee un Chilien qui attend lui aussi le bus me donne de quoi me desinfecter et me faire un bandage. Encore deux heures a attendre un bus qui ne soit pas plein et trois heures pour remonter a La Paz, pas fache d’etre arrive !
