Jeudi, 13 Novembre 2008 17:08
Apres quelques jours a Cordoba, Sylvain s'en va a Buenos Aires et je reste a Cordoba. On pense que c'est mieux d'etre separes pour apprendre l'espagnol. He oui, c'est notre nouvel objectif avant d'aller plus loin dans le voyage en a Amerique du Sud. Sylvain comme moi on connait trois mots d'espagnol : gracias, hola, por favor et c'est a peut pres tout. En plus de la frustration de ne pas pouvoir parler aux gens, c'est un vrai handicap dans la vie de tous les jours. Example de dialogue a notre arrive a Cordoba : « Humm. Hola, there is un lito libre? No? Un Chambra, No? Humm do you speak english un pocito? Si? Ahh perfecto! »
A l'hostel (le Cordoba backpacker) je rencontre Erika, une fille du Quebec en stage ici. Elle m'aide a chercher un appart en colocation, elle aussi en cherche un. Finalement apres quelques semaines, on devient les grands anciens de l'hostel et tout le monde nous connait, de la femme de menage au patron. J'abandonne mes recherches, je suis bien a l'hostel. Apres tout ici je parle beaucoup espagnol entre les engueulades de Sylviana parce que je fais trainer mes affaires «que quilombo aca», Ivana qui me court apres pour que je paye le loyer «francois pooor favorrrrrrrrr, me pagas», mais surtout Victor qui m'enseigne le lunfardo (le slang) de Cordoba «culiado, que boludo...», Nacho mon critique artistique et puis Sami et Carolina mes profs de Francais particulieres.
Apres quelques jours, Bastien (un pote de passage) me presente une amie de Cordoba qui fete son anniversaire. Paulina m'invite moi aussi pour l'occasion chez elle a son assado d'anniversaire (comprenez une soiree barbecue). Je rencontre tout un petit monde d'Argentins bien sympas. Maintenant bien entoure, j'enchaine les soirees qui commencent tards et finissent encore bien plus tard : concerts de jazz, de zic cubaine, etc... je vois meme les Fabulosos Cadillacs dans un stade (des stars enormes ici) et je partcipe a un drole de festival qu'on appelle une penia ou des milliers de jeunes dansent la Chacarera, une danse bien traditionnelle, toute simple et festive, avec un soupcon de sensuallite latine et un petit cote macho.
A la difference de Sylvain qui suit des cours assidus quatre heures par jours a Buenos Aires, je ne prends que quinze heures de lecons particulieres sur tout le mois et puis marre ! Meme avec des nuits chargees et mes grasses mats, j'ai pas mal de temps libre dans ma journee. Je remplis ca par de longues conversations avec mes potes de la reception, a visiter quelques musees, a dessiner des motifs de t-shirts, et a aider Erika a créer son site internet. J'entrecoupe tout ca d'un licuado (un milk shake) en terrasse avec des amis.
Finalement apres un mois, le bilan de mes progres en espagnol est bon. La technique cerveza a bien fonctionnee. Et m'a permi de rencontrer beaucoup d'Argentins qui m'ont fait decouvrir leur ville.
Cordoba c'est joli par endroit mais rien d'incroyable. Par contre la campagne est tres belle avec rivieres, lacs, montagnes...(mais j'en ai pas vu beaucoup... a regret). La vie nocturne est bien agitee et on trouve toujours quelques chose a faire. La culture aussi est tres importante en Argentine et la musique et l'art y sont tres presents. Finalement j'ai vraiment l'impression d'etre en Europe, peut etre en Espagne.
Reste deux ou trois petits details insolites qui me ressituent bien en Amerique du Sud. Une voiture sur deux dates des annees soixant dix, je croise dix aveugles par jours dans les rues (ca fait beaucoup, etrange). Leurs pizzas sont bizares. Les cartoneros en cariole a cheval survivent en ramassant les cartons. Les gentils chiens errants parcourent les rues. Les bars ne se remplissent qu'a partir d'une heure du matin. Les restaurants ne servent pas avant dix ou onze heures.
Enfin, apres un mois je decide de partir. C'est un depart plein d'emotions. Ces gens vont me manquer, mais le voyage doit continuer.
